Chronomètres de marine, le Voyage de l’Isis, 376 jours d’épreuve

 Chronomètres de marine, le Voyage de l’Isis, 376 jours d’épreuve

Extrait d’une saga consacrée à Ferdinand Berthoud, grand chronométrier de marine, dans les années 1700. Episode paru dans le magazine Heure Suisse N°120. « Les amirautés ne voulaient pas acheter ces horloges coûteuses sans être sûres de leurs qualités. D’autant plus que la détermination des longitudes par le moyen des horloges était loin d’être acceptée par tous les marins dont beaucoup ne pensaient pas que les horloges puissent les renseigner mieux que l’estime de pilotes expérimentés. Aussi, lorsque le Roi fit l’acquisition des horloges N° 6 et N° 8, spécifia-t-il que ces horloges devaient être éprouvées en mer’. Les horloges N° 6 et 8 furent embarquées sur la frégate l’«Isis» commandée par M. d’Evreux de Fleurieu, enseigne de vaisseau de Sa Majesté, et chargé de faire un voyage aux Antilles. L’itinéraire prescrit était: Rochefort, Cadix, Canaries, Cap Vert, Martinique, Saint-Domingue, Terre-Neuve, Canaries, Cadix, Rochefort. Selon les instructions du Roi, les observations devaient être faites séparément par 2 observateurs, en présence des officiers embarqués sur la frégate et constatées par des procès-verbaux signés de tous les officiers présents. (…) De temps en temps, on détermina la longitude au moyen de la Lune, de la distance de la Lune à une étoile fixe ou des satellites de Jupiter. Les horloges ne furent jamais déplacées durant le voyage; elles étaient fermées chacune sous 3 clés différentes: l’une en mains du Commandant de la frégate, la seconde chez M. Pingré, chanoine et astronome-géographe de la Marine, chargé de faire les observations avec M. de Fleurieu, et la troisième chez l’officier de quart. L’épreuve dura du 10 novembre 1768 au 21 novembre 1769, soit 376 jours. (…) » – Saga extraite des archives de JSH, Journal Suisse d’Horlogerie, par le professeur d’horlogerie Eric Cosandey. A découvrir en intégralité sur le site horlogerie-suisse.com

Joel A. Grandjean